Clic..Clac..!!!

Lundi 9 janvier 2006

Protectrice des arts et des artistes, Saraswati est la déesse que l'on représente souvent en train de jouer de la cithare.

 

L'Inde compte traditionnellement un très grand nombre d'artistes qui s'expriment dans de nombreux domaines. Descendants des bateleurs qui sillonnaient ces routes, musiciens, charmeurs de serpents, peintres ou sculpteurs... continuent de perpétrer des traditions ancestrales.

 

La peinture...

 

 

 

Les façades des maisons en sont décorées, les musées en regorgent, tous les temples en contiennent... La peinture s'exprime partout... Le style indien est cependant remarquable : de par le style même, mais aussi de par les sujets représentés…

 

Les Dieux figurent en bonne place... Les animaux, les scènes de la vie quotidienne, les représentations des récits épiques fournissent les autres sujets les plus représentés.

 

La sculpture..

 

Sur le fer, le marbre, le bois, la sculpture s'exprime essentiellement afin de représenter les innombrables divinités du panthéon hindou.

 

Les façades des temples et des monuments sont généralement couvertes de sculptures représentant des scènes des récits épiques où des scènes de la vie quotidiennes.

 

La musique et la danse...

 

En plus de la danse traditionnelle, codifiée par les textes sacrés, chaque région possède ses propres danses. C'est toujours un spectacle agréable d'autant plus que les Indiens aiment se montrer en costumes. 

 

Au même titre que la peinture et la sculpture, la musique et la danse trouvent leurs premières codifications dans les textes sacrés les plus anciens.

 

Musiciens de rue, concert de musique classique, rencontre avec un orchestre au cours d'un défilé, autour des temples... Les opportunités de rencontrer des musiciens sont nombreux... Et à l'image de l'Inde, il y a de tout... La diversité est telle que l'on peut tout aussi bien tomber sous le charme en quelques secondes, que d'être aussi rapidement gavé.

 

Le cinéma...

 

Difficile de parler de l'art en Inde sans évoquer le cinéma. Premier producteur de films au monde, l'Inde produit aujourd'hui des films de très bonne qualité.

 

Le cinéma occupe une place de choix dans les distractions des Indiens. Les queues à l'entrée des cinémas démontrent la popularité du septième art.

 

Les productions indiennes se distinguent par les incontournables intermèdes musicaux... En plein coeur de l'action, soudain, tous les acteurs se mettent à chanter et à danser sur une chorégraphie digne des plus belles comédies musicales... Et cela semble perdurer dans tous les films.

 

Et puis bien sûr, il y a les duos romantiques entre les deux amoureux...

 

Plus connu sous le nom de Bollywood, la production indienne se concentre sur la région de Bombay.

 

Le cinéma traditionnel indien est particulièrement typique... Mais de plus en plus les Indiens adaptent les films occidentaux avec leurs propres acteurs... Et la qualité est quasi identique !...

 

Sinon le cinéma indien est un cinéma très masculin. Les femmes n'ont que très peu accès aux petits cinémas de quartier et seules les très grandes salles peuvent les accueillir. Il faut également dire que les Indiens sont particulièrement friands d'images coquines et l'ambiance dans les salles est, on ne peut plus chaude... surtout quand l'héroïne sort de sa douche... même si elle est recouverte du cou aux mollets par une épaisse serviette...

 

Les affiches des films indiens, le plus souvent très suggestives, démontrent la popularité d'un genre typiquement "boolywoodien"...

 

 

 

 

 

par Elisabeth et Sylvie publié dans : l'INDE en deux mots
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Jeudi 5 janvier 2006

Malgré la pauvreté et l'insalubrité, la ville de Bénarès véhicule une image de festivité et de joie de vivre, d'urbanité et de culture. Depuis des temps immémoriaux, elle est un centre majeur dans les domaines de l'éducation, la religion, et les arts. Son nom moderne, Varanasi, est dérivé des rivières Varuna et Asi qui marquent les frontières nord et sud de la ville. Aujourd'hui bruyante et fourmillante, Bénarès fut jadis une région vallonnée de forêts luxuriantes et d'étangs naturels, entourée par la magie des eaux du Gange. Un lieu d'ermitage apprécié par beaucoup des plus grands sages de l'Inde, parmi lesquels le Bouddha, qui y délivra son premier sermon. Anciennement connue sous le nom de Kashi (où brille la lumière suprême), Bénarès est la destination de pèlerinage la plus importante de toute l'Inde, une ville éminemment sacrée où l'on vient mourir et voir chacun de ses rites et actions de dévotion magnifiée. Avec une population de plus de 1,3 millions d'habitants pour une superficie de 74 kms carrés, la ville comprend quatre zones relativement distinctes. Il y a d'abord le Gange et ses enchevêtrements de quais et d'escaliers (ghâts), véritable nerf de la ville. Vient ensuite la vieille ville, avec son labyrinthe de ruelles tortueuses. Les échoppes des bazars y exposent une multitude d'objets artisanaux, dont les saris de brocart et les jouets de bois peints, spécialités de Bénarès. Mais ces allées sont avant tout des zones d'habitations tranquilles, ponctuées par les cris des enfants, le bruit des pots et des ustensiles, si étroites parfois, qu'une vache nonchalante, aussi maigre soit-elle, peut vous barrer le passage. Les bouses mélangées avec de la paille, séchées en galettes bien rangées contre les murs, deviendront un combustible inestimable dans les foyers. Tout près, les artères commerciales sont toujours engorgées par une circulation dense où se pressent les rickshaws (vélos-taxis) avec leurs sonnettes, la foule, les motos, les klaxons, les radios, l'incroyable kermesse vivante de l'Inde. C'est aussi là que se situent les principales gares de la ville et la fameuse "Grand Trunk Road", la grande route qui traverse le pays d'est en ouest avec sa file ininterrompue de camions, de bus, et autres véhicules. Plus à l'extérieur enfin, une zone plus calme et plus récente accueille les hôtels de luxe, les agences touristiques. C'est en ces termes perplexes qu'en 1888, André Chevrillon, académicien et voyageur, décrivit l'étonnante atmosphère de Bénarès : "Imaginez que vous débarquez dans un pays où les hommes marcheraient sur la tête. Cette race pense, sent, vit d'une façon contraire à la nôtre, et la première idée, quand on arrive à Bénarès, c'est que le délire y est normal". Quant à Sri Ramakrishna, célèbre mystique hindou du XIXème s., il disait de Bénarès : "Il est tout aussi futile d'essayer de dessiner une carte de l'univers que de tenter de décrire Varanasi avec des mots."

Enfin, Surya, le Soleil, apparaît, rayonnant de ses feux opalins au-dessus des bancs de nuages nocturnes. Les brumes éparses, comme de mauvais esprits — les méchants Asuras — s'amenuisent et se dispersent et disparaissent dans l'air léger, alors qu'il les transperce encore et encore et lance ses rais victorieux par-delà le fleuve, éclairant les recoins profonds des temples, faisant s'illuminer les récipients de cuivre et de laiton des baigneurs, ainsi que les bannières et les croissants de lune de métal doré qui coiffent les temples de Shiva. Il me semblait que l'amphithéâtre tout entier, d'un circuit de trois kilomètres, scintillant dans la lumière, n'était plus qu'un gigantesque temple du soleil...

 

E. B. Havell (1905)

 

 

 

par Elisabeth et Sylvie publié dans : l'INDE en deux mots
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Mardi 27 décembre 2005

Si le Gange, avec ses 2750 km, n'est pas le plus long fleuve du monde, son bassin s'étend sur près de 4 fois la France et son débit pendant la mousson l'apparente aux cinq ou six plus grands de la terre. Un habitant sur trois en Inde vit dans sa vallée ou son delta. Le Gange prend sa source sous le glacier de Gangotri à 3950 mètres d'altitude dans l'Himalaya. Vénéré par 800 millions d'hindous, il apporte le salut et s'y baigner lave de tout péché. Bien que le fleuve soit parfois destructeur, causant fréquemment des inondations pendant la mousson, aucun hymne ne contient la plus petite suggestion de ses pouvoirs dévastateurs. Le Gange est féminin, c'est la Mère Gange, (Ganga Mata), la mère de toutes les rivières, et chacune de ses gouttes est sainte et sacrée. Mais c'est à Bénarès qu'il atteint l'apogée de son destin. Ici, le fleuve dessine une longue boucle majestueuse. La rive ouest est une succession de quais et d'escaliers (ghats) menant vers le fleuve, au-dessus desquels se dressent des temples et d'anciens palais décrépits. Sur cette rive éminemment sacrée, la vie se déroule entre bains et rituels sacrés, actes de la vie quotidienne et petits commerces. L'autre rive, déserte et impure, est un réceptacle pour le soleil levant que les pèlerins attendent chaque jour avec bonheur. Merveilleuse géométrie naturelle... S'il est une histoire qui atteste de la sainteté du Gange et de son pouvoir de salvation, c'est bien celle de Vahika. Ce personnage odieux, joueur invétéré, avait tué une vache et frappé sa propre mère. Tué par un tigre dans la forêt, son âme fut jugée et pas une seule vertu ne fut trouvée pour contrebalancer ses péchés. Il fut condamné à l'enfer. Pendant ce temps, un des vautours qui avait commencé à dévorer son corps s'envola avec un os qui, lors d'une dispute avec un autre vautour, tomba par chance dans le Gange. Soudainement, alors qu'il était déjà aux portes de l'enfer, un chariot céleste arriva pour le conduire au paradis.(10) Le Gange est une rivière céleste, autant dire qu'il a fallu toute la patience et l'habileté des Dieux pour qu'elle daigne descendre sur terre. Dans la légende, les fils du roi Sagar furent un jour transformés en cendre par les pouvoirs d'un rishi irascible. Afin que leurs cendres soient un jour purifiées et que leurs âmes soient ainsi rachetées, il fut ordonné à leurs descendants d'amener la rivière Ganga sur la terre. Après des années de prières, Ganga y consentit, mais il fallait contenir sa fougue et sa force qui détruirait le monde. En priant Shiva de la retenir dans ses cheveux pendant sa chute, la rivière rejoignit ainsi la terre avec douceur, racheta tout les fils de Sagar lorsque son eau toucha leurs cendres, et atteignit enfin l'océan.(11) Chaque année, au mois de janvier, quand le Soleil entre dans Capricorne, plus de cent mille pèlerins se rendent sur l'île de Sagar, près de Calcutta, pour célébrer en se baignant dans les eaux la rencontre du Gange avec la mer.

 

par Elisabeth et Sylvie publié dans : l'INDE en deux mots
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Lundi 26 décembre 2005

Selon les textes de la Tradition, la femme, élément créateur du couple, doit être vénérée à l'égal de la Déesse, la Shakti, compagne de chaque Dieu. Pourtant, comme nous allons le voir, la réalité est bien différente dans la majorité des cas…
La femme, de sa naissance à sa mort est jugée comme une personne irresponsable, elle n'a de véritable existence qu'au travers des hommes de sa famille : tout d'abord son père, puis son mari et enfin son fils si elle devient veuve.

La naissance : Commençons cet article par l'extrait d'une chanson populaire indienne : " Pourquoi es-tu venu au monde, ma fille, quand un garçon je voulais ? Va donc à la mer remplir ton seau, puisses-tu y tomber et t'y noyer ". Et oui, hier comme aujourd'hui, la naissance d'une fille n'est pas toujours un grand moment de joie. L'Inde est l'un des seuls pays au monde à avoir une population masculine aussi nombreuse par rapport aux femmes. On compte environ 927 femmes pour 1000 hommes. Cette différence est due notamment à un taux très important d'avortements, pratiqués dès qu'une femme se sait enceinte d'une fille. Illustrons cela par une phrase entendue en Inde : " Mieux vaut investir maintenant 5.000 roupies dans un avortement que débourser plus tard 500.000 roupies pour une dot ". Certains Etats indiens interdisent la détermination pré-natale du sexe de l'enfant, cela pour faire décroître les avortements. Si l'enfant naît, certaines familles vont jusqu'à l'infanticide, la vente de l'enfant à une maison d'adoption ou encore infligent de mauvais traitements, malnutritions…
N'oublions pas que seul un fils peut accomplir les rites funéraires pour son père décédé, évitant ainsi à son âme l'enfer.

L'éducation : Le taux d 'alphabétisation des femmes est faible, il tourne autour des 50%. Une citadine d'une classe aisée à certes plus de chance d'entrer à l'université que les autres. Les femmes des campagnes sont les moins chanceuses au niveau de l'éducation. On préfère dans la majorité des cas, au lieu d'envoyer sa fille à l'école, l'éduquer soit même à la maison, le but principal étant de faire d'elle une future bonne maîtresse de maison quand elle sera chez sa belle-famille.
Ce manque d'éducation explique que l'on trouve encore trop peu de femmes sur le marché du travail. Dans les campagnes, les femmes exercent généralement un métier manuel et sont payées la moitié seulement du salaire des hommes. De plus en plus d'associations, comme par exemple la SEWA (Self Employed Women's Association), tentent de les soutenir et les aider à s'intégrer dans le travail. En ville, la femme s'émancipe de plus en plus et tient un niveau de vie moyen. Certaines obtiennent même des rôles politiques importants.
La constitution indienne a fait une loi pour l'égalité des sexes, notamment au niveau des salaires, reste encore à ce que cette loi soit appliquée partout.

Le mariage et la dot : Les filles sont mariées très jeunes, et d'autant plus si elles viennent d'un milieu rural. La majorité des mariages sont arrangés et les filles ne voient la plupart du temps leur mari que le jour de la cérémonie. Une fois mariée l'épouse vit chez sa belle-famille à qui elle appartient désormais.
Au départ, la dot n'existait que dans la haute caste des brahmanes, mais elle s'est petit à petit infiltrée dans toutes les castes et ethnies. La dot est un ensemble de biens que la famille de la mariée offre au marié. Le système de la dot, bien qu'interdit officiellement depuis 1961 reste en cours malgré le fait qu'il entraîne souvent l'endettement des familles.
Enfin parlons de la dowry murder, c'est à dire le meurtre d'une femme par sa belle-famille si la dot a été jugée insuffisante. Pratique surtout en milieu rural. Ce meurtre permet ainsi au mari de se remarié et donc de bénéficier d'une seconde dot.

Chez la belle-famille : Certaines femmes sont très bien acceptées et vivent en harmonie chez la famille de leur mari. Mais parlons de celles qui n'ont pas cette chance, un pourcentage encore très élevé.
La jeune mariée perd tous ses biens qui lui sont confisqués dès son arrivée. La femme mange en dernière donc n'a droit qu'aux restes. Elle bénéficie de peu de soins médicaux, de respect, d'attention. Elle n'a aucun droit de recherche spirituelle. Elle est sujette à des harcèlements moraux et souvent physiques. Signalons que tout de même plus de 40% d'Indiennes subissent des violences conjugales. De toute l'Inde, le sud est le plus respectueux de la femme.
Il y a beaucoup d'efforts politiques pour l 'amélioration de leur sort.
Seul la naissance d'un fils peut donner à la femme un meilleur statut ainsi que son accession à être belle-mère, qui joue d'ailleurs un rôle fort important notamment dans les affaires familiales.

Le divorce : Le divorce d'une femme n'est pas chose aisée. Il est plus fréquent dans les grandes villes. Même si la constitution le permet, peu de divorcées et veuves se remarient car elles sont alors considérées comme rebuts de la société. Il n'existe aucune aide sociale si le divorce s'avère difficile. Une femme voulant divorcer est de suite rejetée par sa propre famille dans la majorité des cas. C'est pour tout cela que le taux de divorce en Inde reste très bas.

Le décès du mari : Avec la mort de son mari, la femme perd son statut social, elle n'a droit à aucun héritage et sa belle-famille peu à tout moment la mettre à la rue. Sa propre famille ne pouvant rien pour elle en général. Dans ce cas extrême, les femmes sont alors contraintes à mendier ou à se prostituer pour survivre.
Une veuve, selon la tradition, porte-malheur, c'est une des raisons qui fait qu'elle soit rejetée par sa famille et par la société.
Parlons brièvement du sati. Le sati est l'immolation d'une veuve sur le bûcher funéraire de son mari. La dernière à l'avoir pratiquée fut Roop Kanwar en 1987 à Deorala au Rajasthan. Elle était âgée de 18 ans. Deorala est désormais une ville de pèlerinage. Depuis décembre 1987 une loi interdit les satis et pour être sûre qu'ils ne se reproduisent pas, le gouvernement central prive même d'héritage la famille des femmes immolées. Mais malgré son interdiction officielle, son éradication est loin d'être abolie.
Une femme vous dira toujours qu'elle préfère mourir avant son mari. Dès la cérémonie du mariage elle le prouve comme si cela était un de ses devoirs. Cela fait partit de la mentalité indienne.

En conclusion, signalons que malgré toutes les difficultés que nous venons de mettre en évidence sur la vie de la femme en Inde, depuis l'Indépendance, leurs conditions n'ont cesser de tendre vers une amélioration, surtout il est vrai, dans le milieu urbain. La politique fait tout pour aider à ce progrès et les associations toujours plus nombreuses également. Cependant, la lutte est loin d'être terminée…

 

 

 

 

par Elisabeth et Sylvie publié dans : l'INDE en deux mots
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Vendredi 23 décembre 2005

Moins par le nombre d'habitants que par sa diversité, sa richesse, et son intelligence. La diversité des origines d'abord, entre les peuples issus de la culture dravidienne au sud de l'Inde (25%), et ceux issus de la culture indo-aryenne, venus du nord (72%), sans oublier les populations de type "mongole" venue des régions himalayennes, ainsi que les nombreuses tribus. La richesse de la culture ensuite, vieille de 5000 ans, ses diverses écoles artistiques et les innombrables formes d'artisanat ; la richesse de la religion dans son insondable profondeur comme dans la diversité foisonnante de ses manifestations et traditions. L'intelligence d'un peuple enfin, qui a su donner à ce pays maintes fois colonisé une forte identité et une étonnante stabilité démocratique malgré la pauvreté et les divisions (25 états, 15 langues principales, une mosaïque de dialectes et d'innombrables castes) ; sa faculté à surmonter les obstacles, à absorber les catastrophes et son aptitude à apprendre, qui en fait un "gisement de cerveaux" pour les pays riches, notamment dans le domaine de l'informatique — l'Inde envoie six fois plus d'étudiants à l'université que la Chine. La rencontre avec les enfants y est une source constante de bonheur et d'émerveillement. Le nombre d'enfants par famille, aujourd'hui de 2.9, a beaucoup diminué. L'âge moyen en Inde est de 24 ans pour une espérance de vie de 64 ans. Les indiens, pour une grande majorité, sont soumis à une stricte hiérarchie des droits et des devoirs. Par la famille tout d'abord, qui structure chaque individu, par le système des castes ensuite, divisé essentiellement et originellement en 4 groupes (brahmanes, prêtres ; kshatriyas, guerriers ; vaishyas, marchands ; shûdras, travailleurs manuels), et par les traditions enfin, comme celle, très forte, du mariage. Cela en fait une société bien plus organisée qu'il n'y paraît, une société, si l'on peut dire, en "roue libre", sur laquelle l'état et les institutions n'ont que peu de pouvoir. Dans leur vie, les indiens sont occupés à 60% par l'agriculture, 23% par les services, et 17% par l'industrie. Mais la tradition du renoncement est forte en Inde. Avec sa robe safran, le sâdhu est un moine ascétique que l'on rencontre un peu partout, et qui, vivant d'aumônes, a renoncé aux biens de ce monde. En dépit de leurs conditions de vie assez difficiles, les indiens sont plutôt coquets. Ils font preuve, en tout cas individuellement, d'un étonnant sens de l'hygiène et de la propreté. Ils aiment à bien se vêtir, notamment lors des fêtes familiales ou religieuses. Les femmes sortent alors leur plus beau sari et se parent de nombreux bijoux et de marques diverses comme le fameux tilak sur le front. Quant au sari, cette pièce de tissu de 5 mètres de long, il donne à la plus pauvre des paysannes, et quelque soit son âge, des allures de déesse de temple. "Dans ce pays de lumière, ils comprennent, avec cet instinct naïf des enfants et des artistes, qu'il faut tout sacrifier à la fête des yeux, au rayonnement des splendides couleurs."(4) Tout cela ne doit pas nous faire oublier la misère dans laquelle vit une grande partie de la population et la rigidité de certaines traditions, au premier rang desquelles l'intouchabilité et le système de la dot, qui font porter sur les enfants et les femmes en particulier des conséquences malheureuses

Depuis ses débuts jusqu'au temps présent, la philosophie des Indiens n'est jamais demeurée une explication purement théorique du monde, mais elle a toujours pris la forme d'une pratique de vie. Du fait que la plupart de ses représentants importants s'engagent dans une voie tournée vers le monde intérieur et dirigent leur intérêt avec prédilection vers les mystères de l'âme individuelle, les Indiens sont parvenus, de bonne heure, à des résultats touchant le domaine psychologique que l'Occident n'a utilisés qu'à la période contemporaine sous formes de "psychanalyse", "self-training" etc... Même si c'était une lourde erreur de tout accepter des Indiens sans critique et de "le transposer en totalité dans notre mentalité", il n'y a, toutefois, aucun doute que l'Occident ait encore, à cet égard, beaucoup à apprendre des Indiens. Mais surtout, le monde spirituel indien, comme l'extrême-oriental, peut communiquer à ceux qui s'y adonnent, un patrimoine que bien peu de penseurs sont capables de transmettre à une Europe en perpétuel mouvement et toujours secouée par de nouveaux accès de fièvre : cette tranquille sérénité supra-terrestre qui se reflète sur le visage des grandes lumières et des grands vainqueurs du monde.

H. De Glasenapp (1949)

 

 

 

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